Compromission de messagerie professionnelle (BEC)

Prise de contrôle ou usurpation d’une boîte mail professionnelle pour détourner des paiements, voler des données ou piéger les contacts.

Définition complète

La compromission de messagerie professionnelle, en anglais Business Email Compromise (BEC), désigne l’usage frauduleux d’une adresse de messagerie d’entreprise : soit l’attaquant a réellement pris le contrôle de la boîte (mot de passe volé, hameçonnage), soit il imite une adresse très proche pour se faire passer pour un dirigeant, un salarié ou un fournisseur.

Une fois dans la boîte, l’attaquant lit les échanges en cours, attend le bon moment et s’insère dans une conversation réelle, par exemple pour envoyer une facture avec un nouveau RIB. Il s’en sert aussi pour hameçonner les contacts de la victime, exfiltrer des données ou accéder à d’autres applications.

Le CERT-FR liste les signes qui doivent alerter : règles de transfert ou de suppression automatique créées à l’insu de l’utilisateur, connexions depuis des lieux ou des horaires inhabituels, messages envoyés que l’utilisateur n’a pas écrits, applications tierces (OAuth) autorisées sans raison.

Source : CERT-FR, fiche réflexe « Compromission d’un compte de messagerie : qualification »

Exemple concret

Une entreprise de BTP de 60 salariés échange depuis des semaines avec son fournisseur de béton. Le compte Microsoft 365 du commercial du fournisseur a été piraté. Dans le fil de discussion habituel, l’attaquant envoie la facture du mois avec un courriel indiquant que la banque a changé. Le ton, la signature et l’historique sont authentiques. Le service comptable paie 42 000 € sur le nouveau compte ; le vrai fournisseur relance trois semaines plus tard.

Comment se protéger

  • Activer l’authentification multifacteur sur toutes les boîtes mail, en priorité celles de la direction et de la comptabilité.
  • Surveiller et interdire par défaut les règles de transfert automatique vers l’extérieur.
  • Faire confirmer tout changement de coordonnées bancaires par téléphone, à un numéro connu, même si le message vient d’un fil de discussion légitime.
  • Activer et conserver les journaux de connexion de la messagerie pour pouvoir détecter et analyser une compromission.
  • Restreindre l’autorisation des applications tierces (OAuth) aux seuls administrateurs.
  • En cas de doute, changer le mot de passe, révoquer les sessions actives, supprimer les règles suspectes et prévenir ses partenaires.

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