Deepfake

Contenu audio, image ou vidéo généré ou modifié par IA qui imite de façon réaliste une personne réelle, utilisé notamment pour l’escroquerie.

Définition complète

Un deepfake, ou hypertrucage, est une image ou un contenu audio ou vidéo généré ou manipulé par l’intelligence artificielle, qui ressemble à des personnes, des lieux ou des événements existants et peut être perçu à tort comme authentique. C’est la définition retenue par le règlement européen sur l’IA (article 3, point 60), qui prévoit aussi, à son article 50, que les déployeurs d’un système produisant des hypertrucages indiquent que ces contenus ont été générés ou manipulés par une IA.

Pour les entreprises, le risque principal est l’usurpation d’identité : voix clonée d’un dirigeant au téléphone, fausse visioconférence, faux candidat en entretien vidéo. La CNIL cite parmi les usages malveillants les arnaques visant des collègues ou des proches et la fraude auprès de services. Le CERT-FR relève que de nombreux cybercriminels exploitent des services de deepfakes, pour quelques dizaines de dollars, à des fins d’usurpation d’identité.

Le deepfake rend plus crédibles des escroqueries anciennes, comme la fraude au président. En droit français, diffuser sans consentement un montage réalisé avec l’image ou la parole d’une personne est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende (article 226-8 du Code pénal), et l’escroquerie reste punie de 5 ans et 375 000 €.

Source : EUR-Lex, règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle, CNIL, Hypertrucage (deepfake), CERT-FR, L’IA générative face aux attaques informatiques : synthèse de la menace en 2025

Exemple concret

Le directeur financier d’une ETI reçoit une invitation à une visioconférence avec le « PDG » et un « avocat d’affaires ». À l’écran, le visage et la voix du dirigeant sont parfaitement reconnaissables. On lui explique qu’un rachat confidentiel impose plusieurs virements le jour même. La vidéo était générée à partir d’interventions publiques du PDG. Seule la procédure de double validation, qui impose un rappel sur le portable personnel du dirigeant, a empêché le paiement.

Comment se protéger

  • Considérer qu’une voix ou un visage ne prouvent plus l’identité : toute demande sensible se confirme par un second canal connu.
  • Maintenir une double validation des virements et des changements de coordonnées bancaires, sans exception pour la direction.
  • Convenir en interne d’une question ou d’un mot de code pour les demandes urgentes des dirigeants.
  • Sensibiliser les équipes finance, RH et assistance aux scénarios de voix clonée et de fausse visioconférence.
  • Renforcer les vérifications d’identité lors des recrutements à distance.
  • Signaler les contenus illicites sur les plateformes, via PHAROS pour les plus graves, et porter plainte en cas de fraude.

Questions fréquentes

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