Shadow AI

Utilisation par les salariés d’outils d’IA non validés par l’entreprise, avec un risque de fuite de données confidentielles ou personnelles.

Définition complète

Le shadow AI (IA fantôme) désigne l’usage, par les collaborateurs, d’outils d’intelligence artificielle (assistants conversationnels, traducteurs, générateurs de code ou d’images) sans validation ni encadrement de l’entreprise, souvent avec des comptes personnels. C’est la déclinaison, pour l’IA, du « shadow IT ».

Le risque principal est la fuite de données. Le CERT-FR rappelle que des employés peuvent involontairement divulguer des informations sensibles, voire confidentielles, en les fournissant à une IA, et cite le cas de salariés de Samsung ayant ainsi exposé des informations sur leurs semi-conducteurs en 2023. L’ANSSI est explicite : l’envoi de données sensibles à des outils grand public sur Internet est à proscrire.

Le shadow AI pose aussi des questions de conformité au RGPD lorsque des données personnelles de clients ou de salariés sont saisies, car le fournisseur peut réutiliser les requêtes. La CNIL recommande de définir la liste des usages autorisés et interdits, de privilégier des solutions maîtrisées pour les données sensibles et de former les utilisateurs.

Source : CERT-FR, L’IA générative face aux attaques informatiques : synthèse de la menace en 2025, ANSSI, Recommandations de sécurité pour un système d’IA générative (PA-102), CNIL, questions-réponses sur l’utilisation d’un système d’IA générative

Exemple concret

Pour gagner du temps, une chargée de recrutement colle dans un assistant IA gratuit les CV de vingt candidats et lui demande un classement. Un commercial y copie la proposition tarifaire confidentielle d’un appel d’offres pour la reformuler. Aucun des deux ne sait que les conditions de l’outil autorisent la réutilisation des conversations. Données personnelles et secrets d’affaires ont quitté l’entreprise sans contrat ni contrôle.

Comment se protéger

  • Rédiger une charte d’usage de l’IA : outils autorisés, usages permis, données interdites (personnelles, clients, stratégiques).
  • Proposer une solution validée (offre professionnelle avec contrat, sans réutilisation des données) pour réduire la tentation des outils personnels.
  • Désactiver, lorsque c’est possible, la conservation et la réutilisation des conversations pour l’entraînement.
  • Former les collaborateurs aux risques de fuite et à la vérification des réponses produites.
  • Associer le DPO et, pour les usages à risque, réaliser une analyse d’impact (AIPD).
  • Repérer les services d’IA utilisés sur le réseau pour dialoguer avec les équipes plutôt que seulement interdire.

Questions fréquentes

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